20/12/2011

Y recuerda... aux éditions Milimbo

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L'habit rouge est de saison. Parlons donc du... Petit Chaperon Rouge. A l'instar de celui d'Adolfo Serra, voici un album espagnol, sans texte et pas banal. Une singulière découverte qui ira dans de petits comme de grands chaussons.

Y recuerda... est volontairement stylisé. Graphique et minimaliste, Y recuerda... en appelle à nos souvenirs et s'en remet à notre faculté de transmettre, ce talent personnel qui sommeille en nous. C'est la patte de la maison Milimbo, éditeur atypique, bricoleur et joueur. Comment raconter les choses ?

" Parfois, nous le faisons en écrivant des histoires, d'autres fois en les illustrant, ou encore à travers le jeu dans nos ateliers, parce que nous comprenons le jeu comme une manière de faire et une manière d'accéder à la connaissance. Mais une des choses que nous préférons sont les livres : les penser, les dessiner, les faire. Les livres pour lire en regardant et pour regarder en lisant. Parce que les images viennent à notre rencontre, elles nous entourent, elles nous parlent, mais nous devons apprendre à les utiliser et à les interpréter."

Le conte est un registre que Milimbo aime fouiller. Pas uniquement en solitaire devant sa table à dessin. L'éditeur anime des ateliers pour enfants et adultes, où l'on revisite les histoires en les abordant sous un angle différent à l'aide d'une paire de ciseaux, de carton et de colle. Chez Milimbo, le volume est une technique d'expérimentation incontournable tandis que le carton est une matière première indispensable. Pour preuve, l'exposition consacrée à l'album.

Décidément, ce Petit Chaperon Rouge inspire des albums rares. Et on ne vous pas encore tout dit... !


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26/10/2011

Caperucita Roja- Version sans texte illustrée par Adolfo Serra

 

 

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Caperucita Roja, Adolfo Serra - Ed. Narval (Espagne) - 14€


Sin texto. Sans texte. Ce Petit Chaperon Rouge est une originalité en soi. Un album universel en quelque sorte. Repéré à Bologne par l'un des nôtres dont la propension à dénicher du trésor est avérée, l'album d'Adolfo Serra  est publié par la maison d'édition madrilène Narval. Il nous arrive d'Espagne grâce au réseau de l'ALSJ. C'est une jolie "exclusivité Sorcières"...

Caperucita Roja. Qu'importe le titre en espagnol, nous sommes ici invités par l'auteur à voyager librement au coeur de l'histoire, à conter comme bon nous semble : " L'illustration est le seul moyen de raconter l'histoire, en favorisant l'interprétation du lecteur, enfant ou adulte. Inépuisable, chaque lecture offre une nouvelle version du conte." Déjà conquis, nous nous serions contentés de cette fantaisie.

Pourtant, l'absence de texte n'est pas la seule audace de l'album. Adolfo Serra bouscule notre vision ordinaire des choses. Il chahute nos idées reçues en choisissant des angles inhabituels. Adolfo Serra regarde depuis "ailleurs", il se déplace autour de l'histoire, plonge, contre-plonge, se décale et nous décale avec lui. Ses points de vue sont symboliques, subjectifs, émouvants. La toison noire du loup est une forêt, dans laquelle le petit chaperon rouge se fraye un chemin. L'enfant et l'animal sont physiquement liés. Dans la chevelure du personnage se forme la silhouette du loup. La gueule du loup surgit, démesurée, envahissant la double page devant une petite fille minuscule et observatrice...

Comme si cela ne suffisait pas, le dessin ajoute au charme général une belle intensité. Le geste et le coup de crayon sont perceptibles. Fusain, aquarelle, peut-être un peu de pastel. L'illustrateur soigne les traits et les mouvements. Il soigne aussi la composition. Il joue entre les pleins et les vides : les pleins bien pleins, les vides bien vides. Ainsi, d'une page à l'autre, l'histoire rebondit avec rythme.

Cette version du Petit Chaperon Rouge est une version singulière, universelle. Elle semble nous encourager à renouer avec la tradition orale. Car nous irons chercher dans nos souvenirs les traces du texte, nous retrouverons la chevillette, la grande bouche, mais nous ne retrouverons pas tout. Nous improviserons, enfin, bien obligés, nous inventerons. Finalement, ce Chaperon Rouge n'aurait-il pas vocation à réveiller le conteur qui sommeille en nous... Quién sabe ?


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12/04/2011

Vitrine Petit Chaperon Rouge

 

" Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie qu'on eût su voir ; sa mère en était folle, et sa mère-grand plus folle encore. Cette bonne femme lui fit faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien, que partout on l'appelait le petit chaperon rouge. 

Un jour sa mère ayant cuit et fait des galettes, lui dit :
- va voir comme se porte ta mère-grand, car on m'a dit qu'elle était malade, porte-lui une galette et ce petit pot de beurre. 
Le petit chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa mère-grand, qui demeurait dans un autre village..."

 

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L'homme rejete le classicisme issu de la littérature antique. On ne s'en souvient pas, mais Charles Perrault fut notoirement à l'origine  de la Querelle des Anciens et des Modernes. Nous sommes au 17ème siècle et l'écrivain  met le feu aux poudres, tel un guérillero. Il mène combat, y compris à travers ses Contes, en dépit des apparences. Issus de la tradition orale,  les Contes sont essentiellement transmis par les femmes, le soir à la veillée. Pour les transcrire, Charles Perrault choisit la prose. Boileau se crispe, les esprits s'échauffent. C'est dans cette ambiance remuante que l'écrivain transforme les récits populaires. Il les adapte à la société de l'époque, joue avec les dialogues, déevloppe un sens de la formule, censure les passages les plus choquants des récits d'origine (on dit que le Petit Chaperon rouge des versions orales dévorait la chair de sa mère-grand et s'abreuvait de son sang !).


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Les Contes de la Mère l'Oye sont un recueil de huit contes, parmi lesquels Le Petit Chaperon Rouge. Le Petit Chaperon Rouge, source inépuisable d'inspirations, d'influences et d'interprétation. Une mine chargée de pépites, à tel point que la grande vitrine, pourtant bien nommée, a failli être trop petite. La preuve par les faits que Charles Perrault est un authentique Moderne...


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11/04/2011

Mythos - Notre sélection de contes à dire, à lire ou écouter

"Pourquoi l'eau de mer est salée

Il y a des années, il y avait deux frères. L’un était pauvre, l’autre riche. Lorsque leurs parents moururent, la vie du frère pauvre fut encore plus triste, car le frère aîné s’empara de tout l’héritage. Et le frère cadet n’avait rien. Sa femme et lui vivaient dans une grande misère. Lorsqu’il ne resta plus rien au frère cadet, il se décida à aller voir son frère aîné lui demander de l’aide, mais le frère aîné refusa tout net. Alors, le frère cadet alla pêcher pour faire la soupe. Comme ce jour-là le poisson ne mordait pas, il rentra bredouille, tête basse. Tout à coup, il remarqua des meules au milieu de la route. Il les prit et les apporta à la maison. Sa femme lui demanda :

– La pêche a-t-elle été bonne ? As-tu apporté beaucoup de poissons ?

– Non, femme, pas de poissons. Je t’ai apporté des meules.

Il posa les meules par terre, et, par dépit, y donna un coup de pied. Les meules se mirent à tourner et à moudre. Ils virent alors le sel qui sortait des meules. Elles se mirent à moudre de plus en plus vite, et le sel s’entassait. Le couple se réjouit. Et le frère cadet se mit à réfléchir : où conserver le sel, et comment arrêter les meules ? Enfin il trouva : il renversa les meules, qui s’arrêtèrent alors. Ils commencèrent à mener la belle vie. Ils vendaient le sel moulu et ils vivaient dans l’aisance.

Le frère aîné l’apprit, alla voir son cadet et lui dit :

– Frère, prête-moi tes meules.

Le cadet n’avait pas envie de prêter les meules à l’aîné, mais il les donna quand même. Le frère aîné apporta les meules chez lui et les poussa avec le pied. Les meules se mirent à moudre. Mais le frère cadet n’avait pas eu le temps d’expliquer comment arrêter les meules. Elles tournaient tant et tant que le tas de sel atteignit le plafond. Les murs se sont fendus. Le frère aîné, effrayé à l’idée que la maison allait s’écrouler, attrapa les meules et les jeta dehors. Elles dégringolèrent du haut de la montagne et tombèrent dans la mer, où elles coulèrent à pic. De nos jours encore, ces meules tournent et continuent à moudre le sel."

Dans Contes et légendes d'ukraine - Aux Origines du Monde

 

la courte echelle, rennes, mythos, contes

 

Mythos (12-17 avril), festival adolescent de 15 ans à la maturité d'un quadra. Désormais, dites M. M ou Mythos, en tous cas, il s'en raconte toujours de belles, des vertes et des mûres, de toutes les couleurs au rythme du monde qui va.

A la Courte Echelle, les histoires, les récits, les mots et les paroles forment l'essence même du lieu, sa raison d'être. Nous avions l'embarras du choix, mais il fallait choisir. Nous avons donc extrait quelques morceaux, des pépites à lire, à dire ou à écouter, faites pour accompagner l'événement, parmi lesquelles :

> Adama N'Daye le tout premier griot du monde - Alain Korkos - Editions Bayard - 10,90€

> Les Contes de Shakespeare -  Charles et Mary Lamb, illustrations en linogravures de Joëlle Jolivet   - Editions Naïve - 22€

> Contes des jours d'avant  -  Muriel Bloch, illustrations Jacqueline Noyre - Editions JBZ - 14,50€

> Contes et légendes d'ukraine - Traduits par Galina KABAKOVA - Editions Aux origines du monde-    20€

> Golem - Anne Jonas et Régis Lejonc - Editions Nathan Jeunesse - 17,90€

> Petits arrangements avec la vie (CD) - Auteur : Jennifer Anderson, création musicale : Rémi Resse - Collection Editions Oui'dire

> Contes des mille et une nuits, Dans les pas de Shéhérazade (CD) - Interprète : Jihad Darwiche, création musicale : Abaji - Collection Editions Oui'dire

 

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12/12/2010

18 décembre à la Courte Echelle, Marie Diaz dédicace La Reine des Glaces

Samedi 18 décembre, à partir de 15h, Marie Diaz dédicace La Reine des Glaces, dont elle est l'auteur. Elle partage cet album avec Miss Clara.

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"Sur les chemins de l'imaginaire, en quête d'histoires qui guérissent",  Marie Diaz, dont l'on connait le travail d'illustratrice, a pris la plume. La voici auteur.  Un rêve ? On devine que l'envie d'écrire était là, depuis...toujours ?  Semeuse des histoires, c'est ainsi que Marie Diaz se définit.

D'après la Reine des Neiges d'Andersen, Marie Diaz adapte "librement" sept histoires fantastiques, poétiques et enchantées, peuplées de Trolls, de Sorceresses, de Brigands, de jardins, de glaciers et de roses. C'était  "au temps où les créatures régnaient sur Terre parmi les hommes..." Reconnaissante, Marie Diaz offre ce recueil à Julia et Pilar, ses grands-mères espagnoles, ses abuelitas, "venues d'Espagne avec leurs rêves de petites filles". Au fond, les contes de la  Reine des Glaces sont dédiés à toutes les petites filles rêveuses.

Le recueil est illustré  par Miss Clara. De papier et de collages, l'univers singulier et onirique de Miss Clara semble fait pour les textes de Marie Diaz.

 

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> La Reine des Glaces, textes Marie Diaz, illustrations Miss Clara - Editions Gautier Languereau - Prix 14,90€.


 

29/11/2010

Baba Yaga Célèbre sorcière slave

 

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Baba Yaga rééditée chez MeMo

  Mieux vaut avoir une sorcière en photo qu'en pension, les petits enfants russes le savent,  à qui l'on conte depuis la nuit des temps l'histoire effrayante et néanmoins captivante de Baba Yaga . Les sorcières ont un appétit vorace, surtout au creux de l'hiver. L'autre problème, c'est qu e, bonnes cuisinières, elles vous mijotent un bambin en deux coups de cuiller à pot et hop, la soupe est prête. Elles excellent en la matière, excitant la jalousie de leurs cousins les ogres, mais ce n'est pas nos oignons... Bref, Baba Yaga est une sorcière comme les autres, voire pire.

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1862, Ivan Bilibin illustre la Baba Yaga d'Alexander Afanasyev

 

Peu avantagée par la nature, Baba Yaga est hideuse. Quand elle dort, son nez est si long qu'il se heurte au plafond.  Elle n'a qu'une dent, et si en avait davantage, elles seraient toutes en très mauvais état. Sa cabane est du plus mauvais goût, montée sur quatre pattes de poulet vivant qui lance des cris stridents dès qu'âme humaine s'approche. Ce qui est très rare, car personne n'a envie d'être accueilli de cette manière. La cabane est entourée d'une palissade ornée de crânes et d'os humains. Sauf si l'on aspire à devenir un héros de conte russe, il n'y a aucu ne raison de s'égarer par là. Baba Yaga se déplace dans un mortier, dirigé à l'aide d'un pilon. Rien à voir avec Carabosse. Babayaga est une sorcière pragmatique. Son balai lui sert de...balai, afin d'effacer les traces derrière elle. Quand elle est de très bonne humeur, Babayaga est tout de même de bon conseil. Conseil qu'elle délivre toutefois avec parcimonie et à ceux qui auront fait preuve d'une grande politesse, car elle vieillit d'une année chaque fois qu'on lui pose une question. La sorcière n'est pas très emballée par l'idée...

De toutes les légendes slaves, Baba Yaga est la plus c élèbre. Les versions sont légion. L'originale est fournie par Alexander Afanasyev en 1862. Malgré la censure et la complexité de la tâche, celui que l'on appellera le "Grimm russe" collecte et publie plus de 600 contes et légendes russes.

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 La version de l’éditeur américain YMCA Press en russe et celle publiée par le Père Castor

En 1932, le conte inspire aux russes Nadjeda Teffi, écrivain, et Nathalie Parain, dessinatrice, un brillant album. Les illustrations de Nathalie Parain, influencée par l'école constructiviste russe, contribuent alors à faire évoluer l'édition jeunesse.

" Parain joue d’un nombre de couleurs très limité, s’appuyant sur des dessins perdus sur le fond blanc de la page, à la fois figuratifs et géométriques (...) La figure fantastique de la Baba Yaga déchaînée est ainsi l’occasion d’une mise en page spectaculaire, seule de l’album à bénéficier d’un fond, et d’autant plus impressionnante : la poussière tourbillonne, la sorcière vient comme un ouragan " commente Olivier Piffault, conservateur au Centre National de la Littérature pour la Jeunesse.  

Cette année, pour la première fois depuis 1932, les éditions MeMo rééditent ce Baba Yaga "dans son format et ses couleurs d'origine", soutenu par une traduction contemporaine de Françoise Morvan. A Pantin, ce travail fait l'objet d'expositions, d'ateliers et d'animations jusqu'en février 2011.

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> Le Rire de Babayaga : un conte musical de la compagnie d'enfants Légitime Folie, créé en 2001, il y est question de Noël, de mémoire et du rire effroyable de Babayaga... Prochain spectacle à Rennes, samedi 4 décembre, à la Maison du Champ de Mars. Le CD est en vente à la librairie. 

> D'autres Baba Yaga... chez Gautier-Languereau, texte Taï Marc Le than, illustrations Rébecca Dautremer / chez Père Castor-Flammarion, texte  Rose Celli, illustrations Anne Buguet.

> La Maison des Babayagas...où comment des vieilles dames seules ont décidé de veillir bien, ensemble, dans un projet citoyen et solidaire.